BIOGRAPHIE
Celia
Hart est née en janvier 1962, l’année de la crise des missiles. Sa
mère, Haydée Santamaria ("la plus extraordinaire femme que j’ai
connue") était une révolutionnaire de la toute première heure, qui
participa avec Fidel Castro à l’attaque de la caserne de la Moncada, où
elle perdit son frère et son petit ami.
Armando Hart, son père,
débuta son activité politique d’une autre manière. Aux heures sombres
de la dictature de Batista, jeune juriste, il se lança dans l’agitation
politique et devint un leader étudiant à l’université. Il militait
alors au Mouvement National Révolutionnaire, dirigé par un professeur
universitaire opposé à Batista, Garcia Barcena, et était emprisonné
avant même l’attaque de la Moncada.
Armando Hart et Haydée
Santamaria se dévouèrent à la cause révolutionnaire et combattirent
ensemble avec Fidel et Che Guevara. Batista renversé, Armando Hart
devint le premier ministre de la Culture de la Révolution et Haydée
Santamaria la Présidente de La Casa de las Americas qu’elle avait
fondée.
Haydée était hostile à la "soviétisation", c’est-à-dire
à l’installation à Cuba d’un système bureaucratique staliniste, rigide
et dogmatique. A la Casa de las Americas, il n’y avait ni place pour le
dogmatisme ni pour le soi-disant réalisme socialiste. Elle la dirigeait
avec une équipe de grand talent : Benedetti, Galick, Mariano Rodriguez,
etc. Mais tragédie, elle se suicida en 1980. Pour sa part, Armando Hart
a poursuivi une brillante carrière intellectuelle et est aujourd’hui,
après avoir été ministre cubain de la Culture durant plus de 20 ans, en
charge du Centre d’Etudes Martiniennes (Centro de Estudios Martianos).
Celia
commente : "J’ai ainsi été élevée dans l’oeil du cyclone, entre la
passion formidable de ma mère et l’intelligence et l’attachement à la
culture de mon père, tous deux fortement impliqués dans la vie
politique cubaine".
En 1980, un mois avant le suicide de sa
mère, Celia décide d’étudier la physique à l’Université de la Havane.
Deux années plus tard, elle est envoyée en RDA, à l’Université de
Dresde, afin d’y continuer ses études. "J’ai poursuivi mes études
jusqu’à l’obtention de mon diplôme, en 1987, devenant la première femme
étrangère diplômée de cette Faculté. Je suis alors rentrée à La Havane,
où j’ai travaillé jusqu’à il y a un an à l’Université, publiant une
quinzaine de travaux spécialisés sur le magnétisme et la
supra-conductivité. J’ai aussi participé à une demi-douzaine de congrès
internationaux : en Italie, au Brésil, en Argentine...
En 2004,
alors que j’étais censée avoir terminé mon Doctorat en Physique, j’ai
voulu y mettre une touche finale en y joignant un travail
philosophique. J’ai réalisé que ma passion pour la physique n’était pas
une fin en soi, mais seulement le moyen d’une fin".
Celia
poursuit : "Au cours de mon séjour en RDA, j’ai réalisé qu’il y avait
une contradiction entre le caractère inévitable du socialisme,
combattre pour un monde meilleur, et la bureaucratie, l’étouffement de
toute initiative et l’apathie que je voyais dans ce pays, en dépit de
bonnes conditions de vie. J’étais allergique à ces images d’Honecker
partout.
En 1985, de retour à Cuba pour les vacances, je fis
part à mon père de mon grand désespoir. En réponse celui-ci ouvrit un
placard et en sorti 4 livres : les 3 volumes deLa Vie de Trotsky d’
Isaac Deutscher et La Révolution trahie de Trotsky. Je dévorai ces
livres, mais jusqu’à ces derniers mois, je n’avais pas eu l’occasion de
lire les autres écrits de Trotsky".
"Depuis lors", ajoute Celia,
"tout s’est mis à tomber à sa place comme les pièces d’un puzzle. J’ai
compris comment la Révolution russe, mais pas seulement la Révolution
russe, avait été trahie et pourquoi des millions de camarades avaient
été déçus".
Cependant, aucun des travaux de Celia n’a été
publié, à l’exception d’un prologue à un livre écrit par sa mère et
intitulé Haydée parle de la Moncada (Haydée habla del Moncada). Ce
n’est que dernièrement que plusieurs de ses textes ont été publiés sur
les sites internet El Militante, Marxist.com et dans le magazine
espagnol Marxismo Hoy.
"Je viens de rentrer d’une conférence
internationale de la tendance Marxiste, qui a été pour moi une très
importante expérience. J’y ai rencontré de merveilleux camarades du
Pakistan, d’Israël, d’Espagne, des EU, etc. J’ai réalisé que je n’étais
pas seule, que les idées que je défend sont répandues un peu partout
dans le monde. Ce sont les idées du futur. Je remercie tous les
camarades pour cet été le plus heureux de ma vie.
Un nouveau et
excitant chapitre s’ouvre pour moi. C’est un sentiment très étrange. Il
y a à peine un an, j’étais chercheuse en physique à l’Université de la
Havane. Aujourd’hui je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir. Mais
j’ai compris que la méthode scientifique est la meilleure méthode pour
mener la passionnante lutte révolutionnaire".
- Source : Marxist.com www.marxist.com
- Traduit de l’anglais par Max Keler
pour Révolution Bolivariennebolivarinfos@yahoo.fr.
La
Havane 8 septembre 2008
Celia
Hart Santamaria militante politique et écrivain cubain, est décédée ce
dimanche soir après que le véhicule dans lequel
elle
voyageait s'est écrasé contre un arbre.
Dans cet accident
est aussi décédé Abel hart Santamaria, le frêre de Celia et aussi le
fils des dirigeants historiques de la révolution Amando Hart et Haydée
Santamaria.
Celia hart, agée de 45 ans, était une fervente
défenseur de Fidel Castro, Che guevara et de la Révolution Cubaine, en
même temps elle était aussi adepte des
enseignements
de Trotsky....
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