CELIA HART
BIOGRAPHIE
LA
DÉFENSE DE CUBA PASSE PAR LA RÉVOLUTION SOCIALISTE EN AMÉRIQUE LATINE
ET DANS LE MONDE
CONSIDÉRATION
EN MARGE DU CRIME
LE 15
AOUT, NOUS PRENDRONS LE JARDIN D'HIVER
L’
HOMME DES GRANDES ENJAMBÉES
IL
FAUT SAUVER LE RÉVOLUTIONNAIRE
UN
LIVRE SAUVÉ DE LA MER
WELCOME
TROTSKY
|
CELIA HART SANTAMARIA
"Il
faut sauver le Révolutionnaire Chavez"
El Militante, 28 Février 2005
Pour
que l’ennemi puisse tuer le révolutionnaire Chavez, il devra être
capable d’assassiner un à un les grains de sel des océans, il devra
arrêter le vol des étoiles, il devra sacrifier chaque ADN utile qui
nous a été transmis depuis notre apparition comme espèce. Cependant,
pour assassiner le Président... il suffit d’une seule balle.
La préservation de la vie de ce
camarade et sa projection vers le futur est entre nos mains. J’entends
par là qu’elle dépend de notre astuce, de notre capacité à nous
organiser, et avant tout de la cohérence et du courage que nous devrons
déployer pour affronter les nouveaux défis.
L’affaire Granda est un
des
nombreux fronts pour lesquels nous devrons trouver des issues, mais qui
soient beaucoup plus dignes. Se contenter d’un match nul dans une
partie c’est être sur la défensive. Chavez lui-même a déclaré lors de
la rencontre des intellectuels à Caracas que notre seule issue est
l’offensive.
L’ennemi n’a pas le pouvoir de
tuer Chavez aussi longtemps qu’il se tient debout comme le
révolutionnaire qu’il a été jusque là, à moins, bien entendu qu’ils en
fassent un martyr de la taille de Bolivar et du Che. Ils n’ont pas ce
pouvoir, lequel, s’il existe, est le pouvoir de Dieu, et certainement
du Dieu auquel croit Chavez et en aucun cas cet autre Dieu pervers qui
sanctionne comme justicières les lâches boucheries de l’impérialisme
avec la tolérance honteuse de la majorité des gouvernants du monde,
lesquels se limitent seulement à élaborer une protestation subtile
imprécise dans les organisations internationales discréditées.
Il n’est pas vrai non plus que
les frontières de la vie de notre Chavez soient entre ses bras, ses
yeux ou dans son sourire enflammé... Les frontières de cet homme sont
désormais les frontières de l’Amérique, ce sont les rêves du Libertador
enrobés dans l’étoile de Che Guevara, ce sont les frontières de la
révolution socialiste. Révolution qui navigue sur le dangereux fil du
rasoir, mais sans laquelle il sera impossible que ce camarade puisse
survivre...
La révolution au Venezuela sera
peut-être l’exemple le plus indiscutable que l’humanisme des idées du
socialisme s’est consolidé à postériori, et qu’il n’y a pas lieu de
choisir entre Simon Bolivar et Karl Marx, ou entre Lénine et
Mariategui. Il est évident que le socialisme est création héroïque,
selon l’expression du communiste péruvien (Mariategui). Il l’a toujours
été. Le 1917 de Lénine n’était pas la copie et le calque de Karl Marx,
mais une création héroïque, et ce que fit Fidel en déclarant une
révolution socialiste à quelques kilomètres à peine de l’empire n’a été
ni le calque ni la copie de la révolution bolchevique, mais aussi une
création héroïque. Ce que devra faire Chavez dans le Venezuela
bolivarien, ce que nous devrons faire en Amérique, ne sera non plus ni
le calque ni la copie de la révolution cubaine, mais création héroïque.
Et ce sera sans aucun doute la révolution socialiste, c’est le seul
chemin, un chemin fait à coup d’impulsions et assa isonné de bien des
réalités.
C’est là que Chavez est impliqué
dans la plus belle contradiction de tous les temps. Cette fois, le
véritable chrétien devra chasser les marchands du temple. Le temple du
monde est aujourd’hui la révolution étendue... réglons alors les
comptes avec ceux qui sont les marchands, les Judas et les Ponces
Pilates des temps nouveaux.
Chasser de la Grande Colombie les
marchands sera la tâche primordiale dans ce pays qui je le crois est
sur le point de se construire. Il suffit seulement que les laquais
mesquins de l’impérialisme soient mis hors d’état de continuer à
vouloir gouverner une terre bien trop grande pour leur rachitisme. Si
la Grande Colombie vit, ils ne seront alors plus en mesure de tuer
Chavez.
Mais dans ce moment que nous
vivons il est nécessaire que Chavez soit physiquement vivant : pour son
habileté d’organisateur, pour sa lutte frontale contre l’ennemi, et
plus encore pour les idées du Socialisme.
Aucun doute ! Chavez est en train
de donner un souffle nouveau à ces idées que beaucoup croyaient
perdues. C’est là la dialectique qui fait des siennes. Le mouvement
communiste a besoin de Chavez... autant qu’il a besoin de nous. Je
redoute que parfois nous ne soyons pas suffisament rapides ou audacieux
pour savoir croître.
Et il n’y a pas que le Venezuela,
le monde a besoin qu’un tel homme puisse être en vie pour soutenir
toute la révolution. Le monde a désespérément besoin de la révolution
bolivarienne et de son leader, lequel n’est ni plus ni moins que bien
seul à la hauteur des circonstances. Mais c’est vraiment la limite.
Il nous faut donc, camarades,
gagner du temps. La seule manière pour nous révolutionnaires de gagner
du temps est de faire tourner avec plus de vélocité la roue de cette
histoire qui a été des années coincée et oxydée.
Nous pourrions commencer, ne
serait-ce que pour essayer, par appeler les choses par leur nom.
Commencer par ne plus accorder autant d’importance au "néolibéralisme",
à la "globalisation" et par-dessus tout au sacro-saint "terrorisme"...
lequel a déjà emprisonné trop de camarades qui se sont mis à croire au
conte.
Le monde marche plus "rond" ? Ce
n’est pas nouveau. Colomb a été le premier capitaliste à tenter de le
globaliser. Les croisades étaient déjà une "lutte pour la liberté" dans
les coins obscurs du monde. Avant ils les appelaient infidèles...
aujourd’hui terroristes. Pourquoi tant de confusion ?
Le capitalisme est l’unique
ennemi et il n’y a aucune manière possible de le rendre plus doux, ou
plus bienveillant, ou plus supportable.
Avec la permission de nombreux
amis je répète la chose suivante : l’histoire du monde est toujours
l’histoire de la lutte des classes. Avec seulement de bonnes idées,
nous ne parviendrons pas à empêcher l’impérialisme de continuer à tuer.
Avec seulement de bonnes idées, nous n’obtiendrons pas que tous ceux
qui ont faim aient du pain et nous tous un minimum de respect. Les
idées ne sont utiles que quand elles permettent de produire une action
rénovatrice.
Un seul recul maintenant peut
nous faire perdre définitivement la seule chance de rattraper presque
un siècle d’attente et d’erreurs multiples. Sous nos yeux, en Amérique,
nous avons la revanche du mur de la chute du mur de Berlin.
Nous sommes tous connectés, comme
les plaques du domino. Un faux pas et nous tomberions dans les griffes
terrifiantes de la barbarie la plus sinistre.
Commettre des erreurs est humain,
bien entendu, mais le Venezuela requiert aujourd’hui quelque chose de
plus que des hommes... et des femmes. Plus qu’un président, le
Venezuela et l’Amérique requièrent un Che Guevara approfondissant la
révolution et l’étendant, ce qui est la seule façon de faire triompher
une révolution.
Chavez ne devra pas commettre une
erreur, ni les partis politiques, ni les cercles bolivariens... ni sa
police politique commettre une nouvelle erreur impunément, ni non plus
les camarades révolutionnaires de Colombie, lesquels à mon avis ont un
rôle de la plus grande importance à jouer. L’unique rôle possible pour
les révolutionnaires... A savoir être encore plus révolutionnaires et
être conscients que dans cette zone du monde, qui autrefois a été la
Grande Colombie, peuvent se développer des événements importants. Les
révolutionnaires du Venezuela et de Colombie devront être ensemble dans
cette bataille. Et avec eux, nous tous.
En empruntant les mots de Marti
se référant à Cuba, je dis qu’ "une erreur aujourd’hui au Venezuela,
est une erreur en Amérique, est une erreur dans l’âge moderne". Ou du
moins dans ce qu’il en reste.
Nous verrons les engagements
qu’est capable d’accomplir Uribe. Nous verrons s’il est possible
d’assurer l’intégration des terres américaines avec des gouvernants qui
ne cessent de regarder en direction du Nord à chercher des références.
Nous verrons ce que nous disent les prochains événements et si vraiment
Uribe répond ne serait-ce qu’une fois, pour ne pas soupçonner qu’il
marche pour promouvoir le plan Colombie...
Il n’y a pas qu’Uribe mais aussi
l’ex-président du conseil espagnol José Maria Aznar qui nous a déclaré
lors de la IIe Rencontre Internationale sur les Victimes du Terrorisme
qui s’est déroulée en Colombie : "La vraie nature du terrorisme, est
qu’il s’agit d’un crime contre l’humanité", lequel ne "doit bénéficier
ni des frontières ni jouir d’aucun type de légitimation de ses
positions idéologiques".
Brillant ! Inversons seulement
deux mots et Aznar nous montre la route.
Qu’est-ce que le terrorisme ? A
vrai dire je ne comprends plus bien ce qu’on définit par terrorisme,
l’usage continu et assommant du mot l’a rendu creux et dépourvu de
sens. Aznar a néanmoins raison sur un point. Lui, Uribe, et tous leurs
collègues et ex-collègues "ne doivent bénéficier ni des frontières ni
jouir d’aucun type de légitimation de leurs positions idéologiques".
Une intégration réactionnaire
entre forces armées et organes de répression corruptibles, en dernière
instance, c’est le plan Non-Colombie. Nous devrions mettre en marche le
véritable Plan Colombie. Ou mieux, le Plan révolutionnaire de la Grande
Colombie.
Sur ce plan, Uribe, Guttierez et
ces gouvernants inutiles et serviles nous surpassent et cherchent à
s’emparer du destin de nos peuples. Unissons nos forces et dictons
notre Plan.
Chavez l’a dit à Heinz Dietrich
lors d’un entretien intitulé "Le destin supérieur des peuples
latino-américains" . Dietrich insistait sur la possibilité et
la
nécessité d’une intégration militaire à partir du Bloc Régional de
Pouvoir en commençant par 6 pays : l’Argentine, le Brésil, le Paraguay,
l’Uruguay, le Venezuela et Cuba. Chavez a répondu à mon avis
judicieusement : "Je considère que pour que nous puissions parvenir à
l’intégration militaire dans le sous-continent latino-américain il y a
des étapes de maturation préalable dans chaque pays".
La prétendue intégration n’a
aucune chance de mûrir avec des gouvernements comme ceux de Colombie et
d’Equateur, entre autres. Mais avec le Brésil, l’Argentine, et la
nouvelle donne en Uruguay, il se peut que cela soit possible. Encore
faudrait-il que ceux-ci soient sérieusement des gouvernements
populaires. C’est là une règle d’or : si ces pays radicalisent leurs
positions internes en faveur de leurs peuples, il sera alors plus
facile d’avancer dans cette intégration. Nous verrons déjà ce qui va se
dire à Montevideo.
Je vais plus loin. Pourquoi ne
faisons nous pas d’abord une intégration révolutionnaire avec les
seules forces révolutionnaires ? Pourquoi attendons-nous toujours que
nos "chefs" fassent quelque chose pour nous ?
Le peuple vénézuélien a contribué
de manière exemplaire à la radicalisation de Chavez. C’est un peuple
qui n’attend pas qu’on lui donne la permission, ni qu’on lui dicte des
normes. Chavez s’intègre de manière naturelle à ce contexte
révolutionnaire où on sent, en général, que le peuple et son président
marchent ensemble avec beaucoup de maturité et de pureté politique.
Nous sommes tous convoqués, et
les révolutionnaires de Colombie devront croître plus que tous et
s’unir au Venezuela, mais au Venezuela bolivarien et révolutionnaire et
avec lui à toute l’Amérique susceptible d’être unie... la seule qui
devrait nous intéresser.
Les pistes pour le commencement
de la Grande Colombie, c’est l’ennemi qui nous les offrent, en voulant
effacer les frontières pour ses armées assassines qui capturent nos
camarades de Colombie et les extradent aux Etats-Unis, tout en
continuant à semer la terreur et la mort. Nous devrons supprimer les
frontières nous mêmes avec nos forces révolutionnaires, à partir de
l’exemple de Chavez et du peuple vénézuélien.
La tâche la plus facile pour
l’ennemi consiste à nous diviser à nouveau en utilisant le prétexte des
frontières nationales. Il n’y a pas d’autres frontières que les
frontières de la vérité et de la justice ! Il ne faut pas que les
travailleurs, les étudiants, les pauvres de nos pays tombent dans le
piège du faux patriotisme. Oui, nous devons défendre la terre sacrée du
Venezuela, mais seulement parce que la Patrie c’est l’Humanité, et
qu’au Venezuela, ce qui est en jeu, c’est l’humanité.
S’il est aujourd’hui une
frontière qui nous dérange, c’est celle qui divise les
révolutionnaires. Achevons de la jeter au feu et offrons les frontières
aux impérialistes... Ou aux rois qui toujours sommeillent en Europe,
mais en Amérique, non !
Aucun accord de plus avec
l’ennemi ! Ne rien céder à l’impérialisme, rappelons-nous du Che. Si on
lui cède un pouce, il nous mange en entier.
Un des mes camarades au Venezuela
a dit au sujet des événements récents : "Il nous faut deux, trois, de
nombreux Venepal" [1]. J’ajouterais qu’il nous faut pour
conserver
Chavez, deux, trois, de nombreux Venepal dans toute l’Amérique !
Quand j’étais petite, il y a
longtemps déjà, on entendait résonner, dans les belles marches de nos
rues de la Havane, un hymne :
"Debout
Amérique latine
En avant, en avant, en avant
Marchons unis vers le Socialisme
Dans un invincible idéal...
Paysans, ouvriers et indiens
Luttons contre le joug
oppresseur
Pour que meurent tous les
impérialistes
Amérique : Révolution".
Fidel et Chavez seront ensemble à
Montevido... Fidel et Chavez, tous deux, on déclaré publiquement que le
socialisme est la seule alternative pour l’humanité. Alors, avec l’aide
de ces deux révolutionnaires faisons retentir ces belles notes sur
l’ensemble de nos terres.
Je prie pour écouter à nouveau
réunis ces trois mots : Amérique, Révolution et Socialisme.
La Révolution ou la mort !
Celia Hart
- Traduit du
castillan par Gérard Jugant
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Notes
[ 1]
Venepal
(fabrique de papier et de carton de 400 travailleurs) représente une
importante victoire de la classe ouvrière vénézuélienne. Après de longs
mois de luttes, le président Hugo Chavez a signé le 19 janvier 2005 le
décret d’expropriation des patrons de Venepal et de nationalisation de
l’entreprise sous contrôle ouvrier.
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