"Vénézuéla : Le 15 août, nous
prendrons le Palais d’Hiver."
Cet
article est une contribution de soutien à la Révolution au Venezuela.
Depuis Cuba, par Celia Hart, 10 juillet 2004.
Rien
de ce qui se passe en ce moment dans l’actualité ne soutient la
comparaison avec ce qui peut survenir au Venezuela dans le mois qui
vient. Le monde nous y précipite et paraît empressé de récupérer en peu
de jours les lustres perdus dans l’amnésie collective. L’histoire nous
fait des clins d’oeil tellement évidents que nous ne devons pas laisser
passer le moment une fois de plus.
Le durcissement brutal du blocus qui frappe mon
pays, utilisant comme monnaie d’échange la propre constitution
d’Amérique du Nord, l’insécurité en Irak avec son exposition
photographique, Sharon, ses murs et son arrogance satanique, le
Kosovo... quels reculs (pire que Dante et ses démons) ! Tout est fait
pour rendre l’humanité toujours plus complice de cela. La décadence
éthique de l’impérialisme ne laisse guère le temps à ce pays de
recouvrer les heures fastes et heureuses de la première république de
Lincoln. La Statue de la Liberté sera considérée sous peu comme une
immigrante française sans papiers.
Mais je crois que Marti disait "que quand
beaucoup d’hommes sont sans dignité il y en a d’autres qui portent en
eux la dignité de beaucoup. Dans ces hommes marchent des milliers
d’autres, marche un peuple entier, marche la dignité humaine". En ce
moment précisément il appartient au Président Chavez non seulement de
défendre son peuple de la légendaire corruption mais encore il lui
appartient de sauver la dignité humaine qui est en train d’expirer.
Chavez et le Venezuela devront laver l’histoire du mensonge, de
l’atrocité et de la dégradation auxquels ont soumis la Terre les
bouffons du coin le plus obscur et le plus ténébreux de la Planète,
appelé par euphémisme "Maison Blanche".
En face de cela, les mouvements sociaux se
radicalisent toujours plus et se politisent semaine après semaine. Ce
qui va advenir le 15 Août marquera l’époque pour la gauche du XXIe
siècle, cette gauche qui lentement se réveille de la sortie de piste
tragique mais sans gloire du socialisme européen et des éphémères
vivats du néolibéralisme. Il ne manque pas grand-chose pour que
débouche sa première recherche d’unité. Nous commençons à nous rendre
compte que "L’Ere se met à accoucher d’un coeur", comme le dit notre
Silvio (il s’agit du célèbre auteur-interprète cubain Silvio Rodriguez,
N.D.T.).
"Le temps est venu pour l’Amérique espagnole de
sa deuxième et authentique indépendance", faisait remarquer Marti. Au
Venezuela se condensent en deux mois les deux siècles écoulés de
servilité naïve. Tout d’un coup tous nos Pères sortent de manière
précipitée pour nous donner conseil et nous faire-part de leurs
expériences.
Chavez les citent tous comme compagnons de
lutte. Ils sont tous présents. C’est l’unique manière de leur donner
vie : en les rendant utiles.
Idiots d’impérialistes ! Je répète jusqu’à
satiété : "Que Dieu aveugle celui qui veut perdre". Le Venezuela est en
train d’accomplir, qu’il gagne ou qu’ il perde le 15 Août, une
authentique révolution sociale et politique masquée par une campagne
électorale. Du point de vue strictement politique, ils ont réveillé un
Commandant Chavez qui se tient serré à la gauche du Président du même
nom. Ce révocatoire non seulement va permettre au peuple vénézuélien de
conduire aux destinées de l’Amérique, en réaffirmant avec détermination
ses intentions, mais va conférer à Chavez la possibilité d’organiser
une révolution urgente en étant au pouvoir.
Un des intellectuels indispensables de ma
Patrie a dit plus d’une fois que "les chemins de l’Amérique se
profilent entre le civisme conséquent du Président Allende et
l’empreinte révolutionnaire du Che Guevara". Et bien le Commandant
Chavez est précisément le point d’intersection de ces deux belles
tendances.
Arrêtons nous sur ce point :
Chavez présente une dualité quantique
merveilleuse. C’est vrai qu’il a été le président du monde le plus
heureux qui soit en prenant le plus grand soin des processus électoraux
classiques. Sept fois il s’est soumis aux urnes avec un civisme presque
excessif. Beaucoup de nos camarades, moi la première, ont été horrifiés
qu’il accepte de se soumettre au vote révocatoire. "Il y a eu fraude !
"Pourquoi l’accepte t-il ?". Bien sûr qu’il devait s’y soumettre.
C’était s’offrir la sécurité que même avec l’impérialisme contre, il
pourrait gagner dans les urnes. C’est le civisme conséquent de Salvador
Allende percutant sa conscience.
Nous avons un Président qui jure malgré tout
loyauté à sa République et à son écharpe tricolore. N’est-ce pas assez
? Surgit alors le Commandant au béret rouge invoquant les souvenirs
sacrés du Che Guevara. Ah l’Amérique ! Nous avons des veilleurs pour
tous les angles. Il est président sans cesser d’être le Commandant.
Le 15 Août soldera victorieusement la
Higuera... et la Moneda à la fois. Et pour toujours semés dans le coeur
d’un seul homme.
Avec cette victoire comme avec celle d’avril
2002 commence à prendre forme définitive cette Patrie qui s’étire
brillamment du Rio Grande jusqu’à la dorée Patagonie et ainsi mes yeux
vont connaître ce que signifie le bonheur inégalable d’un monde sans
frontières.
Inutile de dire, comme l’on déjà observé les
camarades dans le scénario de combat, que c’est le peuple organisé qui
défend le mieux le Président dans la bataille. Les organisations
civiles sont plus lentes à découvrir les ressorts du changement. Les
Patrouilles Electorales et les Commandos Populaires composés des
travailleurs et du peuple en général sont le véritable bouclier sur
lequel compte le Commandant Chavez pour vaincre à Santa Inés. C’est
clair : Chavez a donné le pouvoir au peuple, aux hommes debout, pour
lesquels se fait cette révolution. Au cours de ces deux mois, sans nous
en rendre compte, on peut dire que Chavez est en train de passer tout
le pouvoir aux soviets. Les mouvements sociaux et politiques mûrissent
en quelques jours. Ils reçoivent la meilleure leçon : être des
personnages vivants de l’histoire. Au lieu d’un référendum révocatoire
ces mois se sont convertis en une période d’ approfondissement
révolutionnaire.
J’ai reçu un diagnostic très sérieux venant du
Venezuela, du camarade Sanabria, daté du 24 juin (El Militante). En
dépit de quelques divergences mineures sur l’interprétation des faits,
ce travail constitue une source indispensable de données et une
observation minutieuse et sans préjugés de ces événements. Cette étude
souligne :
une différence dans la situation actuelle tient
au fait que les patrouilles électorales, UBEs et commandos qui
aujourd’hui surgissent, en organisant des centaines de milliers, sinon
même déjà des millions de personnes, non seulement n’ont pas terminé
leur tâche mais que celle-ci commence à peine. Un dogmatique sectaire
pourrait penser que le mouvement actuel est moins important parce qu’il
tourne autour d’une dispute électorale et a un caractère défensif. Si
quelqu’un pense cela, il fait montre d’une grande myopie et d’une
connaissance bien maigre de la lutte de classes.
Exact.
Le Venezuela connaît une impressionnante lutte
de classes sans qu’il soit mentionné le nom de Socialisme.
Ici je me permets une réflexion : je n’aime pas
dire ni entendre qu’un pays "est socialiste", ainsi qu’il ressort de
mon travail sur "Le socialisme dans un seul pays et la révolution
cubaine". Le socialisme dans un seul pays a abouti à un échec théorique
total. Non seulement s’est défait le "socialisme" en URSS... mais s’est
défait aussi le "pays". De la petite phrase il ne reste ni le mot
socialisme... ni le mot pays. Mais ce qui existe toujours et persiste
ce sont les révolutions socialistes.
Beaucoup de camarades ne demande pas à Chavez
de construire le Socialisme en vertu de je ne sais quelles momies
défigurées. Economisons notre temps et nos efforts, souvenons nous une
seconde encore de la Révolution permanente. Non seulement du locataire
de Coyoacan. Avant lui, Bolivar ne pensait pas qu’au seul Venezuela. Il
ne pouvait pas penser au Venezuela sans regarder le reste de la terre
humide et fougueuse que profilait son amour et son audace. Il pensait à
l’Equateur, il pensait au Pérou. L’Amérique était la Patrie. Il
s’arrêtait juste le temps de "graisser les fusils".
Et Marti ? Paradigme de patriotisme. Mais
compris en tant que pont nécessaire pour le monde.
Le Parti Révolutionnaire Cubain, sans doute un
parti de type nouveau composé avec la classe ouvrière exilée en
majorité, recherchait la liberté des îles de Cuba et de Porto Rico.
Marti est mort alors qu’il essayait de défendre l’ "équilibre du monde"
au travers de notre indépendance. C’est mystérieux et révélateur. Les
hommes illustres de notre Amérique abolissent et ignorent les
frontières. En Europe elle se figent et s’arc-boutent. Et encore elles
marchent avec une monnaie unique et de nombreuses langues.
Nous pourrions dire qu’en Amérique on a rêvé de
liberté avant tout le monde. En permanence. Un détail encore : le poème
dramatique Aviala de José Marti, chante :
"L’amour mère de la patrie
N’est pas l’amour ridicule de la terre
Ni l’herbe que couvrent nos plantes
C’est la haine invincible à qui l’opprime
C’est la rancoeur éternelle à qui l’attaque".
Je souligne en caractères gras ces vers. Le
concept de Patrie est pour Marti uniquement en relation avec un but
social et politique. La Patrie est un engagement vivant contre ses
ennemis. Le reste est ridicule.
Il ne s’agit pas d’une contemplation et d’une
adoration passive. C’est un combat et une action... Bon, inutile d’en
dire plus... "La Patrie est l’Humanité".
Chavez voit d’abord avec les yeux de la Patrie
Américaine. Beaucoup ont critiqué sa belle position concernant la
Bolivie et son exigence d’accès à la mer. Chavez tire t-il sur la corde
du Libertador ? Mais comment rester impavide face à la réclamation d’un
peuple qui s’appelle comme Bolivar ? Ils ne nous comprennent pas parce
qu’ils ont tout au long de l’histoire volé nos frontières et érigé des
murs. Qu’ils laissent ces terres ! L’Amérique étonnera.
Alors, selon ma manière de voir, ce que peut
faire Chavez dans ce Venezuela révolutionnaire, c’est suivre la voie de
Bolivar, bien sûr dans les conditions du siècle. Le Venezuela réussira
une révolution pleine de Projets et de Missions pour le peuple. Une
Révolution ! Cette fois Bolivar labourera toute la terre fertile
d’Amérique du Sud et de là beaucoup de Vietnam comme le réclamait ce
grand homme qui lui aussi détestait les frontières.
C’est peut-être bien l’instant précis de faire
battre le tambour de la Révolution en Amérique latine et de franchir
les fleuves. Chavez appartient à l’Amérique. Parfois je pense que de
nombreux camarades attendent de Chavez qu’il prenne un passeport
socialiste en prenant des mesures appropriées.
C’est absurde ! Ce passeport s’élabore d’une
autre manière. L’impérialisme sera acculé à l’isolement. Chavez fera
triompher le processus le plus radical qu’on puisse imaginer... mais
pour l’Amérique, pour les pays exportateurs de pétrole, pour le monde.
Allons nous tomber à nouveau dans le piège du Socialisme dans un seul
pays ? Bien sur, tout est possible. Cuba n’est pas le Venezuela et il y
a 45 ans Bush travaillait dur les mathématiques et cherchait des moyens
pour échapper au service militaire. Je ne sais pas si c’est pour cela
qu’il s’est mis alors à comprendre de travers la Bible. Nous sommes
dans le char des temps nouveaux. Je doute qu’ils puissent bloquer le
Venezuela. Ce serait drôle de voir des pannes de courant à New York. Ce
serait peut-être une contribution au réveil de la classe ouvrière des
Etats-Unis.
Chavez peut se convertir en un Ernesto Guevara
au pouvoir.
Et les révolutions socialistes, en plus du rôle
indispensable des hommes, ont leur expression objective. Je ne sais pas
si Chavez a une pensée marxiste ni si cela est important. Les idées du
vieux barbon sont objectives.
Elles existent marginalement dans nos têtes
fébriles. Je donnerai un exemple simple : si vous ne comprenez pas la
loi de gravitation universelle d’Isaac Newton, vous ne laissez pas pour
autant tomber une coupe en verre, car vous la perdriez sans aucun doute.
Il en va de même dans la pratique sociale.
C’est pour cela que je pense que toute
transformation au Venezuela doit partir uniquement de Chavez. Il ne me
plaît pas d’aduler des personnalités, mais je crois que ce cas mérite
quelques explications :
En Amérique une personne doit conjuguer
beaucoup d’attraits pour entraîner une oeuvre de caractère populaire.
Ce n’est le culte de la personnalité, sinon que nous gardons très
enracinées les luttes pour notre indépendance. A la différence de l’
Europe, le chef militaire, le poète romantique et le charisme personnel
constituent les parts inconscientes de l’acceptation de nos dirigeants.
Les technocrates, même honnêtes et compétents, ne nous entraînent pas.
Je pourrais prendre l’exemple le plus proche de moi, celui de ma
Patrie... Chavez a été prisonnier pour avoir rêvé d’un autre Venezuela,
pour sa race, sa religion, son patriotisme encadré certes par un
internationalisme exemplaire (Amérique, le groupe des 77, etc.), il est
le modèle des meilleurs des hommes de cette région du monde et il est
une évocation perpétuelle de notre récent passé de gloire. Tout
changement social dans nos contrées doit venir accompagné du rêve de la
Patrie Américaine et de la souver aineté nationale. On ne fait pas de
révolution dans mes terres sans ces ressorts.
Aspirer à une révolution radicale au Venezuela,
y compris une révolution socialiste, ne pourra seulement se faire
qu’avec la pensée et l’énergie de son Président, ou sinon ne se fera
pas. Je me souviens que quelque chose de ressemblant est arrivé au
Chili de Allende. Nous devrions nous dépêcher de comprendre le contexte
historique social de cette région du monde, sous peine de continuer à
tomber dans les mêmes erreurs d’antan.
Parfois j’ai peur qu’en vertu de tant de
rhétorique subie et pas digérée, beaucoup de nos camarades communistes
ne perçoivent pas la responsabilité qui se présente à eux. La seule
option de tous les partis socialistes, y compris ceux du Venezuela, est
de se jeter à plat ventre devant Chavez. Situation qui n’est pas prête
de se reproduire de sitôt ! Que le fantôme du manifeste communiste
sorte cette fois brillamment et parvienne à faire oublier les fantômes
du stalinisme et ses théories tordues. Je le confesse... j’ai peur.
Les pratiques socialistes d’Europe nous tendent
silencieusement le même piège. On s’habitue tellement à ce que dit le
Livre qu’on laisse les événements passer sans réagir, dans l’attente de
quelque phrase de nos classiques qui nous stimule pour l’action.
Quelque chose comme ça s’est passé dans mon Buenos Aires adoré... un
certain mois de décembre...
Le peuple vénézuélien est responsabilisé en ces
instants par le cours des idées progressistes. Ce qui va se passer au
Venezuela sondera la santé des idées du Socialisme. Et pas parce que
Chavez serait socialiste. Mais parce que là dans ces urnes seront
contenus des bulletins, entre autres de Karl Marx. Parce que
l’impérialisme avec ses incessantes stupidités, a obligé la
radicalisation de ce processus. Parce que désormais ce pays "n’a rien à
perdre" sinon, pour paraphraser Marx et Engels, ses chaînes et "un
monde à gagner". Et nous savons lequel.
Je rends compte de deux points curieux qui
illustrent ce mélange de patrie et de Révolution dans mon pays.
- Fidel Castro ne militait pas au Parti
Socialiste Populaire (le parti communiste). Il ne disait pas que son
programme était socialiste. Il était pourtant le plus communiste de
tous, d’absolument tous les révolutionnaires de ma patrie. Il portait
les idées de Marx et de Lénine tellement dans le sang qu’il n’a pas eu
besoin de s’attarder à les lire ou à les citer pour faire comprendre
que l’ordre du jour était une révolution socialiste.
- Quand ce jeune attaqua la Moncada il avait lu
des textes socialistes, sans doute, mais Fidel n’est pas devenu
socialiste parce qu’il a lu les ouvrages classiques. Il était
socialiste pour avoir compris que c’était le chemin spécifique
qu’exigeait le peuple de Cuba pour obtenir la justice. Un événement, il
est certain, mal vu par le PSP. La révolution socialiste et les idées
communistes sont un moyen pour atteindre le bonheur (le meilleur des
moyens), mais non une fin.
La citation que fait un camarade en référence à
mon article précédent au sujet du Che confirme ce soupçon qui me fait
mal au coeur. Dire que le Che était stalinien parce qu’il l’a dit à
quelqu’un dans un certain contexte est comme dire que notre équipe a
gagné la partie de football du fait qu’un spécialiste l’a donnée
favorite. Le Che a pu dire ce qu’il aurait attendu de Papa Staline ! Ce
qui a fait entrer Che Guevara dans la vie communiste, ce ne sont pas
les textes entrecoupés et révisés de Staline. En aucun cas. Ceux qui
l’ont conduit à prendre cette direction furent les analphabètes, les
pauvres, les enfants désespérés d’Amérique qu’il rencontra de manière
singulière en enfourchant une motocyclette dans sa jeunesse.
Au Mexique, quand Fidel et le Che firent
connaissance, je ne sais s’ils parlèrent beaucoup de marxisme et de
théorie. Mais ce que je sais c’est qu’alors se donnèrent la main les
deux communistes les plus authentiques qui existaient sur la Planète
Terre. Et il ne me plaît pas de dire que le Che fut "trotskiste" ou
tout autre "iste". Mais ce que je suis heureuse de répéter c’est qu’il
tenta de rendre effective la révolution permanente, et bien qu’il n’ait
peut-être pas étudié cette théorie, il comprenait son importance et se
dépêcha d’inviter l’Amérique à se convertir en plusieurs Vietnam. Je me
mets donc en colère quand on prétend que Monje était un communiste. Ne
pas comprendre les intentions du Che ni la portée de sa lutte recale
Monje à l’examen le plus élémentaire de marxisme. Lénine, le Che, Fidel
sont des leaders authentiques pour avoir su tisser, de manière
concrète, des points de passage entre la théorie et la pratique sociale.
Mais de la même manière que je pense que sans
Chavez il n’y a pas de révolution au Venezuela, si cette révolution
n’est pas authentiquement radicale, pour ne pas dire socialiste... ce
ne sera en aucun cas une révolution.
Levons les yeux. Le Venezuela est la légitime
Armée Rouge. Le 15 Août c’est la prise du Palais d’Hiver.
Ni aucun doute, ni un seul argument, ni une
petite phrase tirée du Capital n’argumenteraient du contraire. Oui,
c’est un mulâtre, au langage poétique sorti du XIXe siècle. Oui, il est
chrétien. Il croit profondément en Dieu. Mais il est en même temps en
ces instants la créature la plus près de changer les destinées de la
Révolution dans le monde. Cette fois l’histoire ne nous pardonnerait
pas de trahir le Che au nom du communisme !
Le drapeau de la Faucille et du Marteau voyagea
exilée d’Europe. Dans un acte au symbolisme unique Diego Rivera et Don
Lazaro Cardenas le reçurent et le diffusèrent précisément dans cette
maisonnette. Ici dans cette première frontière de ma Grande Patrie. Les
idées du marxisme-léninisme vinrent avec. Là-bas restait l’URSS,
peut-être que déjà il ne restait plus rien, jusqu’à ce vienne ici la
Révolution d’Octobre, celle à laquelle le Venezuela a répondu...
Oui, aujourd’hui nous sommes tous convoqués.
Depuis des années on nous montre dans les télévisions des guerres de
conquêtes, des discours anachroniques et désarticulés, des tours qui
tombent, des enfants déchiquetés, des prisonniers humiliés. Le tout
animé par Coca Cola, des cigarettes et d’hallucinantes voitures.
En août, Internet rendra heureuse la gauche et
nous pourrons être des participants à la prise du pouvoir par le
peuple. Joignons nous selon nos forces à cette bataille. Formons les
brigades internationales d’appui, depuis nos pays et nos claviers, à
l’Armée Rouge et à son Chef. En ce moment tous les communistes du monde
devraient avoir leur passeport vénézuélien. Si j’avais la grâce d’une
Cendrillon et si me venait une fée, je solliciterais de pouvoir vivre
cette révolution où se font un mes rêves les plus sacrés. Le possible
éclatement d’une vraie révolution mondiale chantée en castillan,
mettant ses chances du côté des pauvres.
Le fantôme qui a parcouru l’Europe vient de
s’acheter un joli chapeau et rôde depuis peu dans les Caraïbes.
Laissons le faire.
J’ai failli oublier un cas : et si nous perdons
?
Ce ne peut être le cas, puisque Chavez déjà a
gagné. S’il ne reste pas le Président... Souvenons nous du Commandant
Fidel qui ne gagna pas à la Moncada. Six années plus tard il fit
triompher la révolution socialiste la plus authentique d’Occident. Le
peuple vénézuélien ne sera ni dépourvu de Sierra Maestra ni de
Granma... Une différence quand même. Fidel ne nous avait pas.
Cuba marchait seule en Amérique.
Malheureusement il y avait un mur qui semblait inamovible.
L’effondrement du mal appelé socialisme a permis en fin de compte que
nous nous unissions en dévorant les frontières et les dogmes religieux
déguisés sous les mots de Lénine.
Aujourd’hui oui, on peut tous les voir : Marx,
Lénine, Trotsky, le Che, à côté de Bolivar et de Marti, pour réaffirmer
au Commandant Chavez : asseyons nous ensemble, unis et transportés de
joie en chantant l’Internationale en mille langues. C’est cela qui vous
est proposé pour notre 15 Août.
Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !
Celia Hart
Traduction de l’espagnol Gérard Jugant pour
Révolution Bolivariennebolivarinfos@yahoo.fr.