MARXISME
Introduction à
L'économie politique
1
LE CAPITAL ET LA PLUS-VALUE
LA LOI ÉCONOMIQUE FONDAMENTALE DU CAPITALISME
La transformation de l'argent en capital.
Tout capital
commence sa carrière sous la forme d'une somme déterminée
d'argent. L'argent par lui-même n'est pas un capital.
Lorsque, par
exemple, de petits producteurs indépendants échangent des marchandises,
l’argent intervient comme moyen de circulation, mais non
comme capital.
La formule de la circulation des marchandises est la suivante : M
(marchandise) — A (argent) — M (marchandise), c'est-à-dire vente d'une
marchandise pour achat d'une autre marchandise. L'argent
devient
capital quand il est. employé aux fins d'exploitation du travail
d'autrui. La formule générale du capital est A — M — A.
c'est-à-dire
acheter pour vendre aux fins d’enrichissement.
La
formule M — A — M signifie qu'une valeur d'usage est échangée contre
une autre : le producteur livre la marchandise dont il n'a pas besoin
et reçoit en échange une autre marchandise dont il a besoin pour sa
consommation. La valeur d'usage est le but de la circulation.
Inversement, avec la formule A — M — A, les points de départ et
d'arrivée du mouvement coïncident : au départ le capitaliste avait de
l'argent, et il en a au terme de l'opération. Le mouvement du capital
serait inutile si, à la fin de l'opération, le capitaliste avait la
même somme d'argent qu'au début. Tout le sens de son activité est qu'à
la suite de l'opération il se trouve avoir une plus grande somme
d'argent qu'auparavant. Le but de la circulation est l'augmentation de
la valeur. La formule générale du capital dans sa forme intégrale est
donc celle-ci : A — M — A' où A' désigne la somme d'argent accrue.
Le
capital avancé, c'est-à-dire le capital mis en circulation, retourne
à son possesseur avec un certain excédent.
D'où
vient l'excédent du capital ? Les
économistes bourgeois, soucieux
de masquer la vraie source de l'enrichissement des capitalistes,
affirment fréquemment que ce surplus provient de la circulation des
marchandises. Affirmation gratuite ! En effet, si l'on fait l'échange
de marchandises et d'argent d'égale valeur, c'est-à-dire d'équivalents,
aucun des possesseurs de marchandises ne peut tirer de la circulation
une valeur plus grande que celle qui est incorporée dans sa
marchandise. Et si les vendeurs réussissent à vendre leurs marchandises
à un prix plus élevé que leur valeur, par exemple de 10 %, ils doivent,
en devenant acheteurs, payer aux vendeurs en sus de la valeur les mêmes
10 %. Ainsi, ce que les possesseurs de marchandises gagnent comme
vendeurs, ils le perdent comme acheteurs. Or, en réalité, toute la
classe des capitalistes bénéficie d'un accroissement de capital. Il
est
évident que le possesseur d'argent, devenu capitaliste, doit trouver
sur le marché une marchandise dont la consommation crée une valeur, et
une valeur supérieure à celle qu'elle possède elle-même. En
d'autres
termes, le possesseur d'argent doit trouver sur le marché une
marchandise dont la valeur d'usage posséderait elle-même la faculté
d'être source de valeur. Cette marchandise est la force de
travail.
La force de travail :
valeur marchande et valeur d'usage
La
force de travail est l'ensemble des facultés physiques et morales dont
l'homme dispose et qu'il met en action lorsqu il produit des biens
matériels, quelle que soit la forme de la société, est un élément
indispensable de la production. Mais c'est seulement en régime
capitaliste que la force de travail devient marchandise.
Le
capitalisme est la production marchande au plus haut degré de son
développement, quand la force de travail elle-même devient
marchandise. Avec la transformation de la force de travail en
marchandise, la production marchande prend un caractère universel. La
production capitaliste est fondée sur le travail salarié,
et l'embauchage de l'ouvrier par le capitaliste n'est autre chose
qu'une opération de vente-achat de la marchandise force de travail :
l'ouvrier vend sa force de travail, le capitaliste l'achète.
En
embauchant un ouvrier, le capitaliste reçoit sa force
de travail dont il dispose sans réserve. Il l'utilise dans le
processus de production capitaliste, dans lequel s'opère
l'accroissement du capital.
De
même que toute autre marchandise, la force de travail est vendue à un
prix déterminé, à la base duquel se trouve la valeur de cette
marchandise. Quelle est cette valeur ?
Pour
que l'ouvrier
conserve sa capacité de travail, il doit satisfaire ses besoins en
nourriture, vêtements, chaussures, logement Satisfaire les besoins
vitaux, c'est reconstituer l'énergie vitale dépensée par l'ouvrier :
l'énergie des muscles, des nerfs, du cerveau; c'est reconstituer sa
capacité de travail. En outre, le capital a besoin d'un afflux
incessant de force de travail; l'ouvrier doit donc avoir la possibilité
non seulement de s'entretenir lui-même, mais d'entretenir aussi sa
famille. Par là se trouve assurée la reproduction, c'est-à-dire le
renouvellement constant de la force de travail. Enfin, le capital a
besoin non seulement d'ouvriers non spécialisés, mais aussi d'ouvriers
qualifiés sachant manier les machines complexes; or, acquérir une
qualification comporte certaines dépenses de travail pour
l'apprentissage. Aussi les frais de production et de reproduction de la
force de travail comprennent-ils un minimum de dépenses pour la
formation des générations montantes de la classe ouvrière.
Il
ressort de tout cela que la valeur de la marchandise force de travail
est égale à la valeur des moyens de subsistance nécessaires à
l'entretien de l'ouvrier et de sa famille.
Cette
marchandise, de même que toute autre, possède une valeur. Comment la
détermine-t-on ? Par le temps de travail nécessaire à sa production.
(K. Marx : Le Capital, livre I )
Avec
le développement
historique de la société se modifient le niveau des besoins habituels
de l'ouvrier, mais aussi les moyens de satisfaire ces besoins. Dans les
différents pays, le niveau des besoins usuels de l'ouvrier n'est pas le
même. Les particularités de l'évolution historique suivie par un pays
donné, ainsi que celles des conditions dans lesquelles s'est formée la
classe des ouvriers salariés, déterminent sous bien des rapports le
caractère de ses besoins. Les conditions climatiques et autres exercent
également une certaine influence sur les besoins de l'ouvrier en
nourriture, en vêtements, en logement. La valeur de la force de travail
renferme non seulement la valeur des objets de consommation nécessaires
à la restauration des forces physiques de l'homme, mais aussi les frais
que comporte la satisfaction des besoins culturels de l'ouvrier et de
sa famille, tels qu'ils résultent des conditions sociales dans
lesquelles vivent et sont élevés les ouvriers (éducation des enfants,
achat de journaux, de livres, cinéma, théâtre, etc.). Les
capitalistes cherchent toujours et partout à ramener les conditions
matérielles et culturelles de vie de la classe ouvrière au niveau le
plus bas.
Pour
engager une affaire, le capitaliste
commence par acheter tout ce qui est nécessaire à la production :
bâtiments, machines, équipement, matières premières, combustible.
Ensuite, il embauche la main-d'œuvre et le processus de production
commence à l'entreprise. Dès que la marchandise est prête, le
capitaliste la vend. La valeur de la marchandise produite
renferme,
premièrement, la valeur des moyens de production dépensés : matières
premières traitées, combustible, une partie déterminée de la valeur des
bâtiments, des machines et des outils; en second lieu, la valeur
nouvelle créée par le travail des ouvriers de l'entreprise.
Qu'est-ce que cette nouvelle valeur ?
Le
mode de production capitaliste suppose un niveau relativement élevé de
la productivité du travail, tel que l'ouvrier, pour créer une valeur
égale à celle de sa force de travail, n'a besoin que d'une partie de la
journée de travail. Admettons qu'une heure de travail moyen simple crée
une valeur égale à un dollar, et que la valeur journalière de la force
de travail soit égale à six dollars. Alors, pour compenser la valeur
journalière de sa force de travail, l'ouvrier doit travailler pendant 6
heures. Mais le capitaliste ayant acheté la force de travail pour toute
la journée fait travailler le prolétaire non pas 6 heures, mais pendant
une journée de travail entière qui comporte, par exemple, 12 heures.
Pendant ces 12 heures, l'ouvrier crée une valeur égale à 12 dollars,
cependant que sa force de travail ne vaut que 6 dollars.
Nous
voyons maintenant en quoi consiste la valeur d'usage spécifique de la
marchandise force de travail pour l'acheteur de cette marchandise, le
capitaliste. La valeur d'usage de la marchandise force de
travail
est sa propriété d'être une source de valeur, d'une valeur plus grande
qu'elle n'en possède elle-même.
La
plus-value absolue et la
plus-value relative.
Deux
moyens d'augmentation du degré d'exploitation du travail par le
capital.
Tout
capitaliste, afin d'accroître la plus-value, cherche par tous les
moyens à augmenter la part du surtravail qu'il extorque à l'ouvrier.
L'augmentation de la plus-value se réalise par deux moyens principaux.
Prenons
à titre d'exemple une journée de travail de 12 heures, dont 6 heures
forment le travail nécessaire et 6 heures le surtravail. Représentons
cette journée de travail sous la forme d'une ligne dont chaque division
est égale à une heure.
Le
premier moyen d'augmenter le degré d'exploitation de l'ouvrier consiste
pour le capitaliste à augmenter la plus-value qu'il reçoit, en
allongeant la journée de travail, par exemple, de 2 heures. Alors la
journée de travail se présentera comme suit :
La
durée du surtravail a augmenté par suite de rallongement absolu de la
journée de travail dans son ensemble, tandis que le temps de travail
nécessaire est resté invariable. La plus-value produite par la
prolongation de la journée de travail s'appelle plus-value absolue.
Le
second moyen d'augmenter le degré d'exploitation de l'ouvrier consiste,
sans modifier la durée générale de la journée de travail, à augmenter
la plus-value que reçoit le capitaliste en réduisant le temps
de travail nécessaire.
L'augmentation de la productivité du travail dans les branches
fabriquant les objets de consommation pour les ouvriers, et aussi dans
celles qui fournissent les instruments et les matériaux pour la
production des objets de consommation, aboutit à réduire le temps de
travail nécessaire à leur production. Il en résulte que la valeur des
moyens de subsistance des ouvriers diminue et la valeur de la force de
travail décroît en conséquence. Si auparavant on dépensait 6 heures
pour la production des moyens de subsistance de l'ouvrier, maintenant
on ne dépense, par exemple, que 4 heures. La journée de travail se
présente alors comme suit :
La
longueur de la journée de travail reste invariable, mais la durée de
surtravail augmente du fait que le rapport s'est modifié entre le temps
de travail nécessaire et le temps de surtravail. La plus-value
résultant, par suite de l'augmentation de la productivité du travail,
de la diminution du temps du travail nécessaire et de l'augmentation
correspondante du temps de surtravail s'appelle plus-value relative.
Ces
deux moyens d'augmenter la plus-value renforcent l'exploitation du
travail salarié par le capital. En même temps ils jouent un rôle
différent aux différentes phases du développement historique du
capitalisme. Dans les premières phases du développement du capitalisme,
alors que la technique était rudimentaire et avançait relativement
lentement, l'augmentation de la plus-value absolue avait une importance
primordiale. Le capital à la poursuite de la plus-value réalisa une
révolution radicale dans les méthodes de production, la révolution
industrielle, qui donna le jour à la grande industrie mécanique.
Dans
la période du machinisme, alors que la technique hautement développée
permet d'accroître rapidement la productivité du travail, les
capitalistes s'attachent à élever considérablement le degré
d'exploitation des ouvriers, avant tout par l'augmentation de la
plus-value relative. En même temps, ils cherchent comme par le passé à
prolonger au maximum la journée de travail et surtout à intensifier
encore le travail. L'intensification du travail des ouvriers
a pour
le capitaliste la même importance que l'allongement de la journée du
travail : l'allongement de la journée de travail de 10 à 11 heures ou
l'augmentation d'un dixième de l'intensité du travail lui fournit le
même résultat.
D'où
l'augmentation constante constante des cadences de travail.

La plus-value extra.
La
course à la plus-value extra joue un grand rôle dans le développement
du capitalisme. Elle s'obtient dans les cas où certains capitalistes
introduisent chez eux des machines et des méthodes de production plus
perfectionnées que celles qui sont employées dans la plupart des
entreprises de la même branche d'industrie. C'est ainsi que tel
capitaliste obtient dans son entreprise une plus haute productivité du
travail par rapport au niveau moyen existant dans une branche
d'industrie donnée. Dès lors, la valeur individuelle de la marchandise
produite dans l'entreprise de ce capitaliste se trouve être inférieure
à la valeur sociale de cette même marchandise. Mais comme le
prix
de la marchandise est déterminé par sa valeur sociale, ce capitaliste
reçoit un taux de plus-value supérieur au taux ordinaire.
Ainsi,
le temps de travail nécessaire est réduit et le temps de surtravail de
l'ouvrier est allongé en conséquence. L'ouvrier compense la valeur de
sa force de travail, non plus en 6 heures, mais en 3 heures ; son
surtravail passe de 6 heures à 9 heures. Le taux de la
plus-value a triplé.
La
plus-value extra est l'excédent de plus-value que reçoivent, en sus du
taux ordinaire, les capitalistes en abaissant la valeur individuelle
des marchandises produites dans leurs entreprises.
L'obtention
de la plus-value extra ne constitue, dans chaque
entreprise, qu'un phénomène passager.
Tôt ou tard, la plupart des entrepreneurs de la même branche
d'industrie introduisent chez eux des machines nouvelles; quiconque ne
possède pas un capital suffisant pour cela finit par se ruiner dans
cette concurrence. Résultat : le temps socialement nécessaire à la
production d'une marchandise donnée diminue, la valeur de la
marchandise baisse, et le capitaliste qui a appliqué avant les autres
les perfectionnements techniques, cesse de recevoir une plus-value
extra. Cependant, en disparaissant dans une entreprise, la
plus-value extra apparaît dans une autre où sont introduites des
machines nouvelles encore plus perfectionnées.
Chaque
capitaliste ne vise qu'à s'enrichir personnellement. Cependant l'action
dispersée des différents entrepreneurs a pour résultat le progrès
technique, le développement des forces productives de la société
capitaliste. En même temps, la course à la plus-value incite chaque
capitaliste à protéger ses réalisations techniques contre ses
concurrents, elle engendre le secret sur le plan commercial et
technique. Il apparaît ainsi que le capitalisme pose des limites au
développement des forces productives.
Les
forces productives,
en régime capitaliste, se développent sous une forme contradictoire.
Les capitalistes ne font usage de nouvelles machines que si leur emploi
donne lieu à un accroissement de la plus-value. L'introduction de
nouvelles machines sert de base à l'élévation systématique du degré
d'exploitation du prolétariat, à l'allongement de la journée de travail
et à l'intensification du travail; le progrès technique se réalise au
prix d'infinis sacrifices et privations de nombreuses générations de la
classe ouvrière. Ainsi le capitalisme traite avec une
rapacité
extrême la principale force productive de la société, la classe
ouvrière, les masses laborieuses.

La lutte pour la réduction du temps de
travail.
Dans
leur course au relèvement du taux de la plus-value, les capitalistes
s'efforcent d'allonger la journée de travail au maximum. La journée de
travail, c'est le temps pendant lequel l'ouvrier se trouve à
l'entreprise, à la disposition du capitaliste. Si la chose était
possible, l'entrepreneur contraindrait ses ouvriers à travailler 24
heures par jour. Mais, pendant une certaine partie de la journée,
l'homme doit rétablir ses forces, se reposer, dormir, manger. Par là,
des limites purement physiques sont assignées à la journée de travail.
Celle-ci a de plus des limites morales, puisqu'il faut à l'ouvrier du
temps pour satisfaire ses besoins culturels et sociaux.
Le
capital, dans sa soif ardente de surtravail, refuse de tenir compte non
seulement des limites morales, mais encore des limites purement
physiques de la journée de travail. Selon Marx, le capital ne
ménage ni la vie ni la santé du travailleur.
L'exploitation effrénée de la force de travail réduit la durée de la
vie du prolétaire, provoque une extraordinaire élévation de la
mortalité parmi la population ouvrière.
A
l'époque où le
capitalisme naissait, le pouvoir d'Etat a promulgué, en faveur de la
bourgeoisie, des lois spéciales pour contraindre les ouvriers salariés
à travailler le plus d'heures possible. Alors la technique demeurait à
un niveau inférieur, des masses de paysans et d'artisans pouvaient
travailler pour leur propre compte, et de ce fait le capital ne
disposait pas d'un excédent de main-d'œuvre. La situation s'est
modifiée avec l'introduction des machines et les progrès de la
prolétarisation de la population. Le capital disposait alors
d'une
quantité suffisante d'ouvriers qui, sous peine de mourir de faim,
durent se laisser asservir aux capitalistes. La nécessité
d'avoir
des lois officielles, tendant à allonger la journée de travail, avait
disparu. Le capital eut la possibilité, par des contraintes
économiques, de prolonger la durée du travail à l'extrême. Dès lors la
classe ouvrière engagea une lutte opiniâtre pour la réduction de la
journée de travail. Cette lutte s'est déroulée tout d'abord en
Angleterre.
A la
suite d'une lutte prolongée, les ouvriers
anglais obtinrent la promulgation en 1833 d'une loi sur les fabriques
qui limitait le travail des enfants au-dessous de 13 ans à 8 heures et
celui des adolescents de 13 à 18 ans, à 12 heures. En 1844 fut
promulguée la première loi limitant le travail des femmes à 12 heures
et celui des enfants à 6 heures et demie. La plupart du temps la
main-d'œuvre enfantine et féminine était utilisée parallèlement au
travail des hommes. Aussi, dans les entreprises que visait la loi, la
journée de 12 heures fut-elle étendue à tous les ouvriers. La loi de
1847 limitait le travail des adolescents et des femmes à 10 heures. La
loi de 1901 limitait la journée de travail des ouvriers adultes à 12
heures pendant les cinq premiers jours de la semaine et à 5 heures et
demie le samedi.
Au
fur et à mesure que la résistance des
ouvriers augmentait, les lois limitant la journée de travail apparurent
aussi dans les autres pays capitalistes. Après la promulgation de
chacune de ces lois, les ouvriers durent lutter inlassablement pour en
assurer l'application.
La
lutte pour la limitation
législative du temps de travail fut particulièrement intense, après que
la classe ouvrière eut adopté comme mot d'ordre de combat la
revendication de la journée de huit heures. Cette revendication fut
proclamée en 1866 par le Congrès ouvrier en Amérique et le Congrès de
la Ire Internationale sur la proposition de Marx. La lutte pour la
journée de 8 heures devint partie intégrante non seulement de la lutte
économique, mais aussi de la lutte politique du prolétariat.
A
la veille de la première guerre mondiale, dans la plupart des pays
développés , prédominait la journée de travail de 10 heures.
En
1919, sous l'influence de la peur devant le mouvement révolutionnaire
ascendant, les représentants d'une série de pays passèrent à
Washington un accord sur l'introduction de la journée de 8 heures à
l'échelle internationale, mais ensuite tous les grands Etats
capitalistes se refusèrent à ratifier cet accord.
Pourtant
sous la pression de la classe ouvrière, dans de nombreux pays
capitalistes fut introduite la journée de travail de 8 heures. Mais
les entrepreneurs compensaient la diminution de la journée de travail
par un accroissement brutal de l'intensité du travail.
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